Face au recul de la fréquentation des structures de prise en charge du VIH et à la persistance de la stigmatisation, l’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS) a déroulé une campagne de plaidoyer auprès des autorités administratives, sanitaires, territoriales et sécuritaires. Cette campagne s’est déroulée du 11 au 15 août et du 31 août au 5 septembre 2026 dans sept régions : Saint-Louis, Matam, Tambacounda, Kaffrine, Kaolack, Fatick et Diourbel. La délégation de l’ANCS était composée notamment du Directeur technique, de la Responsable administrative et financière et du Responsable des programmes. Menée dans les régions du Sud et sur l’axe Centre- Est, cette initiative vise à renforcer la collaboration institutionnelle, à faciliter l’accès aux services de santé et à soutenir la continuité des soins, notamment pour les hommes vivant avec le VIH.


Au Sénégal, la riposte au VIH reste confrontée à des défis persistants, particulièrement chez les populations clés et dans certaines régions. Alors que la prévalence est estimée à 0,3 % dans la population générale, elle atteint 1,5 % à Kolda et à Ziguinchor. La stigmatisation, notamment liée à la confusion entre statut sérologique et orientation sexuelle dans un contexte de durcissement des peines liées à l’homosexualité, éloigne certaines personnes des structures de prise en charge par crainte de discrimination ou d’exposition. La baisse de fréquentation des sites et l’augmentation des personnes perdues de vue fragilisent ainsi la continuité thérapeutique.


Fort de ce constat, l’équipe de mission a rencontré les gouverneurs, les préfets, les directions régionales de la santé, les médecins-chefs de district, les élus locaux et d’autres responsables territoriaux. Les forces de sécurité, les prestataires de santé et les acteurs communautaires ont également pris part aux échanges. Ces rencontres ont permis de partager les constats relatifs à la fréquentation des structures de prise en charge, d’examiner les difficultés rencontrées par les personnes vivant avec le VIH et de présenter les mesures d’adaptation mises en place par l’ANCS. Les échanges ont également porté sur les conditions d’intervention des équipes communautaires et sur le renforcement de la coordination entre les autorités et les services de santé.


Le plan d’adaptation vise à faciliter le retour et le maintien des personnes vivant avec le VIH dans le parcours de soins. Il prévoit notamment des consultations médicales communautaires, le dépistage avancé et une offre intégrée couvrant également la tuberculose, le paludisme, les infections sexuellement transmissibles, le diabète et l’hypertension. L’objectif est de rapprocher les services des populations et de garantir un accès aux soins respectueux des droits et de la dignité de chacun.


Les échanges ont fait ressortir des besoins propres à chaque territoire. À Kolda, il s’agit de mieux cibler les hommes et de former les agents récemment affectés. À Sédhiou, le préfet a recommandé une concertation inclusive associant davantage les collectivités territoriales. À Ziguinchor, les discussions ont porté sur les difficultés de la cascade des soins. À Kaffrine, l’expérience d’une journée de consultations médicales ayant servi de pilote à une stratégie déployée dans les régions a été valorisée pour renforcer le partenariat avec l’ANCS et les autorités locales. À Diourbel, les obstacles d’accès aux soins pour les hommes et les enfants ainsi que les retards dans la suppression de la charge virale ont été évoqués. La sous-utilisation d’un équipement à Darou Khoudoss, faute de personnel formé, a conduit à envisager des échanges avec les responsables sanitaires de Touba.


Ainsi, des engagements institutionnels ont été pris par les autorités, qui ont exprimé leur disponibilité à accompagner l’ANCS. A Tambacounda, le gouverneur s’est engagé à porter la baisse de fréquentation des structures lors de la prochaine réunion régionale de sécurité et a recommandé une note d’information à l’intention des gouverneurs du pays. À Kaffrine, les autorités sanitaires ont réaffirmé leur soutien au plan d’adaptation. Le préfet a insisté sur la communication contre les fausses informations et les préjugés ; la municipalité souhaite poursuivre son appui et formaliser le partenariat par un protocole.


À Fatick, la gouverneure a préconisé des séances de travail régulières, une information préalable sur les interventions et le partage systématique des rapports et résultats. Le district a souligné le besoin de médicaments essentiels pour les consultations communautaires. À Diourbel, la Direction régionale de la santé s’est dit disponible pour ouvrir des échanges sur la formation du personnel à l’utilisation de l’équipement de mesure de la charge virale.

Dans les régions du Sud, les autorités ont adhéré au plan d’adaptation et soutenu les consultations intégrées et le dépistage. La concrétisation de ces engagements nécessitera un suivi régulier et leur formalisation.


Les missions ont renforcé le dialogue entre l’ANCS et les autorités, permis de partager les difficultés du terrain et recueilli des engagements pour améliorer l’accès aux soins. Les prochaines étapes portent sur la formalisation des partenariats, la poursuite des concertations, la formation des prestataires, la mobilisation des collectivités territoriales et le suivi du plan d’adaptation. Par ailleurs, en renforçant les alliances territoriales et en promouvant des services accessibles, intégrés et non discriminatoires, l’ANCS entend restaurer la confiance des populations, contribuer aux objectifs programmatiques du GC7 et préparer la transition vers la prochaine phase de financement.